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Paristeampunk
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Paristeampunk
18 janvier 2017

[Royaume-uni] Les ponts métalliques de Robert Stephenson

Robert Stephenson était le fils de George Stephenson, l'homme généralement considéré comme l'inventeur du chemin de fer moderne. Il développa les lignes de chemin de fer anglaises et construisit bon nombre de locomotives pour le monde entier. Il était également l'ingénieur de plusieurs ouvrages d'art pour ses lignes, notamment certains ponts particulièrement audacieux, de structure tubulaire (le tablier est conçu comme un long tube de section rectangulaire, dans lequel passe le trafic).

Le plus connu est le Pont Britannia , sur le détroit de Menai, construit entre 1846 et 1850. Avant sa construction, la plus grande portée pour un pont en fer forgé était de 9,6 mètres (on construisait depuis le début du siècle des ponts en fonte, puis le fer a progressivement remplacé la fonte. On aura l'occasion de parler plus tard du Iron Bridge , le premier pont métallique (en fonte) construit). Stephenson conçoit ici un pont avec deux travées principales longues de 140 mètres et des travées d'accès de 70 mètres, pour une longueur totale de 461 mètres, reposant sur des piles en maçonnerie. Le tablier est constitué de longs tubes de fer de section rectangulaire, chacun d'eux pesant jusqu'à 1 500 tonnes, qui devaient supporter le lourd poids des trains. Ils étaient assemblés à terre, puis acheminés par barges avant d'être élevés à la hauteur désirée.

Il était question de renforcer la structure par une suspension à chaînes (d'où les piles plus hautes que la hauteur du tablier), mais Stephenson a préféré, à raison, suivre les conseils de William Fairbairn, qui estimait que la structure était suffisamment soutenue. D'où cette réalisation simple et plate, sans arc ni suspension, à la durée de vie exemplaire.

Britannia Bridge

Le Pont Britannia dans son état d'origine

Britannia_Bridge_wrought_iron_section

Vue en coupe : on y voit à la fois la structure cellulaire employée pour résister au flambement ainsi que les raidisseurs installés sur les parois verticales. Les parties creuses des poutres métallique étaient renforcées de poutres de bois.

Le pont a brûlé en 1970 (enfin, les poutres en bois qui renforçaient les poutres creuses métalliques) et a été profondément remanié lors de sa reconstruction (ajout d'arcs en acier, tablier à deux niveaux, routier et ferrovière). Sans cet incendie accidentel, le pont serait sans doute encore debout aujourd'hui.

Stephenson construisit dans le même temps le High Level Bridge , à Newcastle-upon-Tyne, entre 1847 et 1849 (terminé avant le Britannia, mais dessiné après). A la fois pont en arc et bow-string, celui-ci n'est pas tubulaire mais présente un tablier à deux niveaux (routier et ferroviaire) reposant sur 5 piles, chacune des 6 travées ayant 38 mètres de portée. Sa longueur totale est de 346 mètres.

High level Bridge

Le High Level Bridge (photo The Happy Pontist)

Newcastle_high_level_bridge_-_geograph

Niveau inférieur suspendu (photo philld / Wikimedia Commons – CC-BY-SA 2.0)

Toujours en même temps, Stephenson construisit le pont ferroviaire de Conwy , en 1849. De structure similaire à celle du Pont Britannia, c'est le dernier pont tubulaire de Stephenson (sans compter les Pont Britannia et Pont Victoria, décrit juste après, qui ont été remaniés) encore debout. Il est d'une seule portée, pour une longueur totale de 141 mètres.

Conwy Railway Bridge

Le pont ferroviaire de Conwy (photo rowanC82 / Flickr)

Enfin, Stephenson construisit plus tard, entre 1854 et 1859, le Pont Victoria , cette fois-ci à Montréal (Québec). Avec une longueur totale de 2890 mètres, c'était le plus long pont ferroviaire au monde. Le pont est profondément remanié en 1897, perdant sa structure tubulaire au profit d'un tablier à poutres en treillis.

Victoria_Bridge

Le Pont Victoria dans son état d'origine (photo McCord Museum)

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18 janvier 2017

Les projets de rénovation continuent pour la Tour Eiffel

La Tour Eiffel devrait bientôt subir de nouveaux travaux de rénovation et de réaménagement, à hauteur de 300 millions d'euros d'investissements. Outre les nécessaires travaux d'entretien (peinture et rénovation de l'éclairage scintillant de nuit), il est prévu de réaménager les espaces d'accueil au rez-de-chaussée, pour réduire les files d'attente et améliorer le confort des visiteurs, les ascenseurs, ainsi que le deuxième étage inférieur de la Tour. Pour rappel, le premier étage a déjà été profondément remanié il y a quelques années, remplaçant les installations des années 80 par de nouveaux bâtiments rouges et en verre incurvé (voir cet article et cet article pour le projet, et cet article pour des photos des espaces rénovés).

Je ne sais pas encore ce qu'il sera prévu, mais j'espère que ces travaux seront en conformité avec l'esprit initial du lieu et que les architectes ne prendront pas trop de libertés sur l'architecture originelle, comme cela s'est passé plusieurs fois déjà pour le 1er étage...

» Source : Paris.fr

2 janvier 2017

Tous à la plage ! A la Cité de l'architecture et du patrimoine

Affiche Tous à la plage

J'ai été transporté par cette exposition à la Cité de l'architecture et du patrimoine, qui retrace toute l'histoire des stations balnéaires, depuis les débuts de la baignade à la fin du 18e siècle, jusqu'aux villes flottantes du futur.

On y trouve de nombreux documents d'époque (peintures, photos, prospectus, maquettes...) sur les constructions, parfois gigantesques, parfois invraisemblables, qui ont façonné le littoral ces deux derniers siècles, et en particulier au 19e siècle (ce qui nous intéresse ici). (Désolé pour la piètre qualité de certaines photos, j'ai fait au mieux, mais ça vous incitera au moins à voir les vraies oeuvres exposées !)

1900_Cabine de bain Alphone XIII

Cabine de bains du roi Alphonse XIII, Saint Sébastien, Espagne, vers 1900. Aux tout débuts de la baignade, on se changeait dans des cabines ou roulottes qui s'avançaient jusque dans la mer.

Les stations balnéaires, inspirées du modèle anglais, partent souvent d'un même ensemble de bâtiments caractéristiques : la gare, pour amener les visiteurs (d'abord de riches bourgeois en quête de balnéothérapie, puis de plus en plus de personnes de classe moyenne quand les congés payés sont arrivés et que les transports sont devenus plus abordables), le grand hôtel, le casino et l'établissement de bains (ou la plage aménagée, avec ses cabines). Et les différentes stations ont dû rivaliser d'inventivité pour présenter à leurs voyageurs des établissements toujours plus grands et magnifiques !

1868_premier projet casino de Nice

Premier projet (non réalisé) du casino de la jetée, Nice. Architecte Eugenius Birch, 1868. Le projet finalement réalisé est celui présenté sur l'affiche en tête d'article. Tout un livre lui est d'ailleurs consacré, que vous pouvez retrouver dans la page de références.

1890_Jardin d'hiver casino de Nice

Jardin d'hiver du casino municipal de Nice, vers 1890.

1890_plage et kursaal d'ostende

Plage et kursaal (bâtiment de loisirs) d'Ostende, vers 1890-1900.

1898_Kursaal d'Ostende

Le kursaal d'Ostende, architecte Alban Chambon, 1898-1907 (dessin de 1903).

1898_Kursaal d'Ostende_tour est

Kursaal d'Ostende, la tour est, Alban Chambon,1904.

1898_Kursaal d'Ostende_tour est_detail

Kursaal d'Ostende, la tour est, détail.

1890_Jardin d'hiver de Blackpool

Jardin d'hiver de Blackpool, 1890.

1898_Blackpool

Tour de Blackpool, architectes James Maxwell et Charles Tuke, 1898-1910.

1890_Ascenseurs Monte-Carlo

Ascenseurs extérieurs entre la plage et le casino, Monte-Carlo (Monaco), ingénieur Gustave Eiffel, 1890-1892.

Pour couronner le tout, les pontons ("piers", en anglais) fleurissent le long des plages et des promenades, ouvrages plus ou moins complexes d'architecture métallique et de bois. Au bout de ces piers, un simple point de vue, mais parfois aussi des établissements de bains, des casinos, etc.

1870_Brighton West Pier

Brighton vue de l'extrémité du West Pier, James Webb et George Earl, vers 1870.

1902_Scheveningen

Vue à vol d'oiseau, Scheveningen (Pays-Bas), Andreas Carl Sommer, vers 1902.

1910_Ostie La Neuve

Plan régulateur, Ostie la Neuve (Italie), 1910.

1882_Projet de jetée promenade à Arcachon

Projet (non réalisé) de jetée-promenade à Arcachon. Architecte John Lawson, 1882.

1882_Projet de jetée promenade à Arcachon_detail

Projet de jetée-promenade à Arcachon, détail.

Autour de ce schéma typique se multiplient villas et manoirs. Parfois, ce sont de véritables folies reprenant des styles architecturaux d'inspiration orientale ou montagnarde (chalets), dont beaucoup ont disparu de nos jours, laissant place à des rangées de barres d'immeubles en béton (on voit notamment bien ce contraste entre vieilles villas et immeubles des années 60-70 sur des plages comme Les Sables d'Olonne, la Baule, ou les villes de la Côte d'Azur).

1911_Villa Marquisette_Royan

Villa Marquisette, Royan, architecte Paul Quatravaux, 1911-1913.

1911_Villa Marquisette_Royan_plans

Plans intérieurs de la Villa Marquisette, Royan, architecte Paul Quatravaux, 1911-1913.

Bien entendu, tout le reste de l'exposition, sur la partie du 20e siècle avec les réalisations Arts Déco puis des années 40-50, la démocratisation du béton sur les plages, l'élaboration des marinas et autres villages de vacances, est tout aussi captivante. Si vous n'y êtes pas déjà allé, je vous invite vivement à faire le voyage !

» Tous à la plage ! , Cité de l'architecture et du patrimoine, du 19 octobre 2016 au 12 février 2017.
» Les affiches humoristiques de l'expo (site lareclame.fr)