09 septembre 2018

Serres : mise à jour du comparatif

Serres, comparatif des dimensions au solLe panorama et comparatif des serres (Serres : panorama et comparaison des dimensions au sol) vient de recevoir une importante mise à jour, tant d'un point de vue présentation que contenu. Le nombre de nouvelles serres (dont de nouveaux pays) est tel que le comparatif a plus que doublé de taille (de 87 sites à 217). J'en ai également profité pour améliorer la présentation de certaines serres existantes, en précisant des informations textuelles qui me manquaient jusqu'à présent (dates, architectes, etc.) et en améliorant certains plans (j'y ai parfois ajouté des parois intérieures en mettant de côté l'idée de ne dessiner que les contours extérieurs, afin de ne pas se faire de fausse idée quant aux dimensions internes de certaines serres au sein d'un complexe vaste, comme à Longwood aux États-Unis).

La présentation se déploie désormais sur trois colonnes, par ordre alphabétique descendant (pour certains pays comme la France et le Royaume-Uni, le comparatif s'étale sur plusieurs images : il faut lire les colonnes de gauche à droite et revenir à gauche chaque fois que le titre "France (suite)" apparaît). J'ai ajouté des numéros pour mieux se retrouver dans le cas de gros complexes de serres. L'ensemble est encore petit à lire sur la page, car les images sont réduites (ne pas hésiter à cliquer sur les images pour les afficher en grand). Il me reste à mettre à jour la liste exhaustive des serres présentées dans le comparatif (la liste qui se trouve après les images) ainsi que l'article connexe sur les sources utilisées.

Si la liste s'est vue ajouter de nombreux sites de toute première importance, les petites serres privées se sont également multipliées (et il en reste sûrement des centaines non référencées ici), dont la superficie au sol est parfois très faible en comparaison des sites plus gros. J'hésite à scinder le comparatif en deux, en mettant d'un côté les jardins botaniques et grosses demeures (anglaises notamment), et d'un autre côté les petites serres privées et jardins d'hiver. Cela va notamment dépendre des mises à jour ultérieures, si je trouve toujours plus de ces petites serres à ajouter...

Au fil des pays, j'ai aussi opté pour laisser les références de serres dont je n'ai pas de plan ou de photo. C'est essentiellement pour ne pas les oublier et continuer à chercher des infos sur ces serres disparues... Pour le Royaume-Uni, le site de la National Library of Scotland qui donne l'accès à une carte ultra-détaillée de tout le Royaume-Uni au début du siècle (aidé du site Britain from Above pour les photos d'époque) est une ressource inépuisable pour retrouver la trace et les plans des serres détruites et parfois oubliées. Avoir l'équivalent pour le reste du monde serait un rêve... Pour certaines serres d'autres pays, j'ai dû me contenter de plans schématiques. J'espère pouvoir préciser ces plans un de ces jours.

Enfin, il n'y a dans la majorité des cas qu'une photo de chaque serre (et souvent d'extérieur). Je vous invite à jeter un coup d'oeil sur Google à chacune de ces serres et les découvrir sous d'autres angles, car ce sont toutes de véritables trésors, tant architecturaux que botaniques et paysagers...

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21 mai 2018

Les serres-aquariums à Victoria Regia

Au 19e siècle, parmi toutes les plantes que l’on rapporte de l’autre bout du monde, il y en a une particulièrement difficile à acclimater que l’on rêve d’avoir dans son jardin : la Victoria amazonica (ou Victoria regia).

Cette plante aquatique tropicale de la famille des nymphéacées, aux larges feuilles flottantes pouvant atteindre 3 mètres de diamètre et aux fleurs magnifiques, nécessite beaucoup de lumière, d’humidité et de chaleur. Elle est découverte en 1801 en Bolivie par le botaniste Thaddäus Haenke (après l’expédition Malaspina).

Victoria_endroit_2

Victoria amazonica

Comme on l’a vu dans l’article sur l’origine des serres, la question de reproduire ces conditions climatiques se voit résolue à partir des années 1830, date à laquelle on commence à construire les premières serres monumentales (voir aussi l'article sur les serres du jardin des plantes) : amélioration des techniques de construction en fer, accroissement de la superficie des baies vitrées, conception de systèmes de chauffage par thermosiphon, qui transporte de l’eau ou de la vapeur d’eau et permet un chauffage plus efficace et plus constant que les poêles.

C’est le Royaume-Uni qui va arriver en premier à acclimater ces plantes. Le duc de Devonshire et le duc de Northumberland se lancent dans une course effrénée pour faire fleurir en premier la Victoria amazonica. Le premier détient notamment, sur son domaine de Chatsworth, la Great Stove, serre monumentale construite par Joseph Paxton et Decimus Burton entre 1836 et 1841. Le second possède quant à lui le domaine de Syon House, où se trouve la très belle serre-orangerie datant de 1827.

Great Stove   Syon Park

La Great Stove de Chatsworth (Joseph Paxton et Decimus Burton, 1836) et la serre de Syon Park (Charles Fowler, 1827)

Les premières graines de Victoria amazonica qui arrivent en 1846 ne germent pas. Il faut attendre le second lot provenant de Bolivie et rapporté en 1847 pour le compte du domaine royal de Kew pour obtenir des résultats significatifs. Joseph Paxton obtient de Kew quelques graines, qu’il arrive à faire germer au domaine de Chatsworth dans une petite serre et son bassin construits pour l’occasion. En deux mois, les feuilles atteignent 1,20 mètre de diamètre. La plante grossit tellement qu’il faut la changer plusieurs fois de bassin. Enfin, le 9 novembre 1849, la première fleur éclot.

Chatsworth_Victoria_Regia_LIN_1849-

« On unbent leaf in fairy guise, Reflected in the water, Beloved, admired by hearts and eyes, Stands Annie, Paxton's daughter... » La fille de Joseph Paxton se tient sur une feuille de Victoria dans le bassin spécialement conçu pour la plante, à Chatsworth (journal daté du 17 novembre 1849).

Les jardins botaniques royaux de Kew ne tardent pas à voir fleurir leurs propres plantes, le 21 novembre 1849, et à Syon House, on réussit également à faire fleurir les Victoria, et à maintenir la floraison sur une longue période. L’impact de ces premières floraisons est tel que le 15 novembre, le duc de Devonshire offre sa première fleur à la reine Victoria et lui donne son nom en son honneur. Quant à Joseph Paxton, Il s’inspirera, dit-on, de la forme nervurée de la feuille de Victoria pour dessiner son futur Crystal Palace en 1851.

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La façade du Crystal Palace en 1851 (Joseph Paxton) et l’envers d’une feuille de Victoria.

Il faut un réceptacle pour ces plantes magnifiques. Joseph Paxton s’emploie à concevoir une structure plus conséquente et plus pérenne pour la Victoria regia (environ 16 mètres de côté). À Kew, la serre des nénuphars (Waterlily House) est construite en 1852 par Richard Turner (les premières floraisons ont dû se faire dans la Palm House, construite en 1848). La conception des deux édifices est assez similaire : bassin rond et édifice carré.

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Plans de la serre prévue par Joseph Paxton pour le domaine de Chatsworth (1849-1850) : environ 18,5×16 m.

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La Waterlily House de Kew, construite par Richard Turner en 1852 : 14×14 m et 6 m de haut.

Un peu partout, on se met à construire des « serres-aquariums », à savoir des serres surchauffées contenant un bassin central. À Paris, selon Yves-Marie Allain dans son ouvrage Une histoire des serres, Charles Rohault de Fleury, l’architecte du jardin des plantes qui a construit les serres en 1836, visite lors de son second voyage en Angleterre (1851) les serres de l’horticulteur Perry, près de Londres, et relève des données précises des températures à l’intérieur de la serre à Victoria : celle de l’air de l’ordre de 33 °C (ne descendant pas en dessous de 24 durant la nuit), celle de l’eau à 28 °C. Il fait alors construire la serre-aquarium du jardin des plantes à Paris en 1854, sur la terrasse située devant les serres courbes de l’époque. Cette serre n’existe plus aujourd’hui (il faut noter qu’à cette époque, la grande galerie de zoologie n’existait pas encore, pas plus que le premier jardin d’hiver monumental de Jules André, construit en 1889 et qui sera remplacé par le jardin d’hiver de René-Félix Berger en 1936).

Jardin des plantes_jardin d'hiver

Les serres du jardin des plantes de Paris dans les années 1920. Les pavillons de Rohault de Fleury sont au fond, la serre de Jules André se trouve à droite. La serre à gauche sur la photo pourrait être celle ayant abrité les Victoria amazonica.

Si les bassins sont d’abord rectangulaires, la forme ronde, qui fait écho aux feuilles de la plante, est rapidement utilisée. On conçoit alors la serre dans son ensemble de manière circulaire ou polygonale, surtout en Europe, où la première fleur de Victoria éclot le 5 septembre 1850 dans les serres de Louis van Houtte, à Gand (Eduard Ortgies , responsable des Victoria regia chez van Houtte, travaillait en 1849 avec Joseph Paxton au domaine de Chatsworth et a supervisé la toute première éclosion). La serre ronde n’est pas une idée nouvelle : John Claudius Loudon, botaniste et auteur de nombreux ouvrages sur l’horticulture, en a dessiné différents modèles dès 1817 (et on savait déjà faire des dômes en armature de fer, il suffit de voir celle réalisée pour la halle au blé de Paris, en 1811-1812).

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Plans de serre en forme de dôme par John Claudius Loudon dans son Remarks on the construction of hothouses, 1817.

La structure type consiste en une base en maçonnerie, d’environ 1 mètre de haut, qui soutient la structure métallique, cette dernière pouvant être curviligne (dôme plus ou moins écrasé ou étiré) ou droite (conique ou en forme de chapiteau : un cylindre plus ou moins haut soutenant un toit conique, parfois surmonté d’une lanterne). Ainsi, l’architecture de l’édifice, vu du dessus (ou de dessous), rappelle la forme même des feuilles de Victoria. Entre le bassin central et la paroi vitrée, le passage est généralement étroit, de l’ordre de 1 mètre. Dans certaines serres, comme celle de Bary à Strasbourg, un second bassin torique, épousant le pourtour intérieur de la serre, englobe le bassin central et la voie de circulation. Celui-ci accueille généralement nymphéas et autres plantes aquatiques.

Strasbourg_Serre_dodécagonale_de_Bary02

Plan en coupe de la serre de Bary, au jardin botanique de l’université de Strasbourg (1884, Hermann Eggert). Cette serre ronde, qui n’a jamais été profondément modifiée, est la seule encore debout en France.

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Plans en coupe et en élévation de la serre Victoria du Parc de la Tête d’Or (Lyon), construite en 1888, puis agrandie en 1929 pour accueillir le bassin périphérique (date du plan), avant d’être rasée et reconstruite en 1982 (les bassins sont conservés mais la nouvelle structure diffère fortement avec les lignes curvilignes du plan originel).

La plus emblématique de ces serres-aquariums est celle d’Alphonse Balat, l’architecte de la Cour de Léopold II, construite en 1854 dans le parc Léopold à Bruxelles. Elle s’appelle à l’époque « Serre à Victoria » ou « serre couronnée » en raison de sa lanterne ouvragée. Son plan est octogonal, chaque côté étant coupé par une large baie en arcade. La serre est ensuite déménagée au jardin botanique de Bruxelles (là où se trouve l’Orangerie, actuellement nommée Le Botanique), puis en 1941 dans le nouveau jardin botanique de Meise. Elle ne contient plus de Victorias, qui sont actuellement à l’intérieur du gigantesque palais des plantes, réalisé en 1958 (dans sa partie hexagonale en saillie). Alphonse Balat, quant à lui, s’est fait les armes avec cette petite serre avant de s’attaquer à l’édifice monumental de Laeken.

Meise_Serre Balat

La serre d’Alphonse Balat (1854) sur son site actuel. Elle ne contient plus de plantes aquatiques et est un peu décentrée dans le grand jardin botanique de Meise, mais elle reste accessible.

Il devait y avoir beaucoup de ces petits édifices ronds au 19e siècle, mais la plupart ont disparu, sans doute à cause de leur architecture fragile. Voici une petite collection de ce que j’ai pu retrouver au fil de mes recherches. Les légendes sont en gris quand il s'agit de serres qui n'existent plus.

Serres-aquariums

Sources (entre autres) :
» Gallica et HathiTrust (pour les textes anciens de Loudon etc.)
» bio-scene.org
» Yves-Marie Allain, Une histoire des serres
» Page Wikipedia (en) de la Victoria amazonica
» David Nielsen, Victoria regia's bequest to modern architecture

09 juillet 2017

Le Jardin d'hiver des Champs Elysées

Fiche_jardin d'hiver champ de mars

Sur les Champs Elysées, entre 1847 et 1851, on pouvait venir se retrouver sous l'immense toiture vitrée du Jardin d'hiver.

Champs Elysees_Jardin d hiver 01bis

À cette époque, le coin des Champs Elysées était bien différent de ce qu'on peut voir aujourd'hui. Les terrains étaient encore peu bâtis, et de vastes champs et jardins s'étendaient alentour, jusqu'à la butte Chaillot. Le coin n'était pas toujours très sûr le soir, mais de profondes mutations étaient à venir :

– À partir de 1836, l'Arc de triomphe (commencé en 1806) s'élevait sur la place de l'Etoile.
– Entre 1845 et 1855, il y avait également un vaste hippodrome (il y en a eu jusqu'à 5 dans Paris, d'allures très diverses. Nous reviendrons prochainement sur l'hippodrome de l'Alma et celui de Montmartre). Place privilégiée pour des ascensions aérostatiques, c'est notamment là que le 24 septembre 1852 s'éleva l'aérostat Giffard .
– À partir de 1853, Jacques Hittorff (l'architecte notamment de la garde du nord et du cirque d'hiver), qui avait construit sur les Champs la "Rotonde des panoramas du grand carré des jeux" (1839-1856) et le Cirque d'été (1841-1900) dans le carré Marigny, eut pour tâche de réaménager la place de l'Etoile et les Champs jusqu'à la Concorde.
– En 1855, le Palais de l'industrie et la galerie des machines seront édifiées, non loin de la place de la Concorde, pour l'Exposition universelle de 1855 (la première française). L'ensemble engloba par ailleurs le panorama construit par Hittorff. Ce Palais fut détruit vers 1898 pour laisser place au Grand Palais et au Petit Palais (Exposition universelle de 1900).
– En 1855 également, Gabriel Davioud (le papa du Palais du Trocadéro, construit pour l'Exposition universelle de 1878) construit le Panorama national, également nommé Panorama des Champs Elysées, qui devient en 1893 le Palais de Glace, puis en 1981 le théâtre du Rond-Point .
– Le théâtre Marigny , quant à lui, existe depuis 1855 sous sa première forme (construit par Hittorff), et depuis 1880 sous sa forme actuelle, construit par Charles Garnier (l'architecte de l'Opéra).
– Enfin, le Petit et le Grand Palais ont été élevés à l'emplacement du Palais de l'industrie pour l'Exposition universelle de 1900.

Autant dire qu'en 1847, à part l'Arc de triomphe et les deux rotondes de Hittorff, rien de tout ceci existait.

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Avenue des Champs-Élysées vue du haut de l'Arc de Triomphe, Félix Benoist (1818-1896)

Et en matière d'architecture métallique, nous n'étions pas beaucoup plus avancé. Par exemple, le Crystal Palace (Londres) date de 1851, élaboré, comme on l'a vu dans un article sur l'origine des serres, à partir des recherches sur l'élaboration de serres de taille suffisamment grande pour acceuillir les grands palmiers et autres plantes exotiques importées des tropiques. Et si la rotonde de la halle au blé (Bourse du commerce) date de 1811, et les serres du jardin des plantes de 1836, les constructions métalliques en France n'étaient pas encore monumentales.

Le jardin d'hiver des Champs Elysées marquera les esprits par ses dimensions gigantesques pour l'époque, malgré sa durée de vie très courte. Bâti, grâce à des fonds privés, par l'architecte Meynadier et l'ingénieur Rigolet, l'édifice, situé aux environs du numéro 25 de l'avenue, avait la forme d'une croix longue de 100 mètres, large de 65. Son dôme s'élevait à 18,5 mètres, une prouesse à l'époque !

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Plan, élévation et vue en coupe

L'entrée était payante, mais plus de 40 000 visiteurs s'y promenaient sous sa voûte chaque mois. Ils y achetaiet des fleurs, prenaient le thé, discutaient, lisaient le journal et dansaient ou assistaient à des représentations. Il est dit que c'est dans ce jardin d'hiver qu'Adolphe Sax essaya pour la première fois son instrument à vent, le saxophone.

Champs Elysees_Jardin d hiver 02bis
 
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Victor Hugo s'y déplaça également et le décrivit comme "une immense cage de fer, à deux nefs en croix, grande comme quatre ou cinq cathédrales, et revêtue d'une vitrine". Il ajouta : "Quand on y entrait, l'oeil se fermait dans l'éblouissement d'un flot de lumière ; à travers cette lumière, on distinguait toutes sortes de fleurs magnifiques et d'arbres étranges, avec les feuillages et les attitudes des tropiques et des Florides, bananiers, palmiers, lataniers, cèdres, larges feuilles et énormes épines, branches bizarres tordues et mêlées comme dans une forêt vierge."

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(Image : Gallica.fr )

Malgré les critiques élogieuses et la bonne fréquentation, la société d'exploitation fit faillite en 1851. le jardin d'hiver ne tarda pas à être démoli pour laisser place, à partir de 1856, à l'hôtel de la Païva (qui fut lui aussi un chantier pharaonique).

Sources :
» Page wiki de la place de l'Etoile , et celle des Champs Elysées
» Livre De l'orangerie au palaise de cristal : une histoire des serres (Yves-Marie Allain, éditions Quae, 2010)

12 juin 2017

Mise à jour du panorama des serres (suite)

Serres, comparatif des dimensions au solJ'ai mis à jour l'article Serres : panorama et comparaison des dimensions au sol, en ajoutant enfin les nombreuses et vastes serres des États-Unis. Jusqu'à présent, je m'étais contenté des serres de New-York et de Washington (deux chacune, sachant qu'à Washington, la nouvelle avait remplacé l'ancienne). J'ai donc rajouté toutes celles que j'ai glanées depuis la création de ce comparatif : Baltimore, Buffalo, Canandaigua, Chicago, Colombus, Detroit, Longwood, Pittsburg, Saint Paul, San Francisco, Seattle et Winston-Salem.

La majeure partie des serres américaines sont plus tardives que les européennes. La plus ancienne de mon comparatif est l'ancien Conservatory de Washington, édifié en 1867 et détruite avant 1933 (date de construction de sa remplaçante). L'édifice était déjà assez élaboré, avec un dôme et une grande superficie. Il y a sûrement eu des édifices plus anciens, mais dont je n'ai pas connaissance. Vient ensuite le Conservatory of Flowers (en) , du Golden Gate Park à San Francisco (1878), une serre en bois encore debout aujourd'hui. Elle a été édifiée par l'entreprise Lord & Burnham , qui produisit d'ailleurs un grand nombre des serres majeures aux États-Unis : Buffalo, Canandaigua, New York, Pittsburg, San Francisco, Seattle et Washington. Lord & Burnham était actif depuis 1849, mais c'est James Lick qui leur commanda leur première serre monumentale, prévue pour son propre jardin. Il mourut avant de la voir construite, et le projet a été repris par le Golden Park Conservatory...

Il est fort possible qu'il y ait d'autres serres aux États-Unis que j'ai ratées, et que j'ajouterai prochainement. Entretemps, je compte prochainement m'atteler aux travaux d'August von Voit (Munich), mais aussi à d'autres établissements que j'ai mis de côté, notamment à Anvers, Bâle, mais aussi les anciennes serres de Bordeaux et de Rennes.

Edit du 14/06/2017 : Bon, je me suis finalement penché plus précisément sur certaines autres serres françaises, notamment deux disparues, à Bordeaux (jardin botanique, 1855-1931, ce qui en fait une des plus anciennes serres monumentales de France, de taille tout à fait respectable) et à Rennes (Parc du Thabor, 1862-1944, une serre qui je crois aurait survécu aux années si la Seconde Guerre mondiale n'était pas passée par là...). J'ai également rajouté les serres du parc de Frescatelly à Metz, qui ont été construites pour l'Expo universelle de 1861 (et déplacées ensuite), et deux petites serres d'études, celle du jardin botanique de la Faculté de pharmacie de Paris (1884, mais peut-être plus ou moins fortement retouchée au fil du temps), et celle du jardin universitaire botanique de Talence (1886, mais peut-être elle aussi plus ou moins fortement retouchée).

Par ailleurs, j'ai finalement réduit la présentation de l'article, qui devenait de plus en plus lourd à charger, et placé l'ensemble dans une page dédiée (à laquelle l'article d'origine renvoit).

Edit du 16/06/2017 : Décidément, je n'arrête pas d'en trouver ! J'ai donc ajouté plusieurs serres (Palerme, Liverpool au Stanley Park, Helsinki, Graz, San Diego, Pittsburg, Hluboka). J'ai également ajouté la petite serre de Griante (Lac de Côme, en Italie), dont les photos circulent pas mal sur Internet (notamment Pinterest) et que j'ai eu un mal fou à localiser. Par contre, je ne sais pas grand-chose d'elle (à part que sa rénovation est plutôt récente, et qu'elle était avant laissée à l'abandon). Idem pour la grosse serre de Stanley Park : j'avais récupéré il y a pas mal de temps des photos d'une serre en Angleterre en très mauvais état, mais impossible de la localiser ! Ce n'est que récemment que je me suis rendu compte qu'il s'agissait de ce monument au Stanley Park de Liverpool.

Prochaine étape : je pense rajouter quelques "jardins d'hiver" français imposants, notamment ceux de Nice et de Pau (Palais Beaumont). Je dois aussi clarifier certains bâtiments en Allemagne (Munich), en Suisse (Bâle), en Belgique (Anvers)...

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04 juin 2017

Mise à jour du panorama des serres

Serres, comparatif des dimensions au solJ'ai mis à jour l'article Serres : panorama et comparaison des dimensions au sol, en ajoutant notamment 12 nouvelles serres, dont 3 en Inde, qui n'était jusqu'alors pas représentée, et 5 en Allemagne, un pays que j'avais jusqu'à présent peu approfondi (les 5 autres se trouvent au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada). En particulier, j'ai découvert que l'Allemagne était, tout comme le Royaume-Uni et la France, bien avancé en termes d'architecture métallique au début du 19e siècle. La Großes Gewächshaus du Bergpark Wilhelmshöhe (près de Cassel), par exemple, date de 1823, tout du moins son centre, hybride orangerie-serre un peu comme la serre de Syon Park, le Nash Conservatory de Kew ou encore le Great Conservatory d'Alton Towers, que l'on avait vus dans l'article A l'origine des serres monumentales. Au Pfaueninsel (l'île aux paons, à Berlin), l'ancienne Palmenhaus de Karl Friedrich Schinkel , date de 1831, soit quelques années avant les serres de Rohault de Fleury au Jardin des plantes. Il serait bien que j'étudie plus précisément les avancées allemandes et que je les ajoute à mon infographie de l'article sur l'origine des serres, en les mettant en regard de celles du Royaume-Uni et de la France... (Notamment les travaux d'August von Voit , qui construisit, à Munich, un Palais des glaces en 1854, puis deux serres dans les années 1860, j'y reviendrai ultérieurement...) Il est également fort possible que j'aie oublié bien d'autres serres en Allemagne pour ce comparatif (si vous en connaissez, n'hésitez pas à m'en faire part), et dans le reste de l'Europe...

J'ai cependant encore quelques serres en stock, et surtout il faut que je m'attèle plus sérieusement au cas des États-Unis (beaucoup de "Conservatories" à ajouter), chose que j'avais prévu de faire depuis longtemps déjà, mais qui tarde un peu. Ensuite, il faudra que je revoie la carte générale et que je finalise la frise que j'avais commencée. Mettre toutes les serres présentées dans ce comparatif dans une seule et même infographie n'est vraiment pas chose aisée...

En attendant, je vous invite à y refaire un tour ou à le découvrir si vous ne l'avez jamais consulté. L'article est certes longs à charger, mais ce comparatif est de plus en plus étoffé !


02 janvier 2017

Tous à la plage ! A la Cité de l'architecture et du patrimoine

Affiche Tous à la plage

J'ai été transporté par cette exposition à la Cité de l'architecture et du patrimoine, qui retrace toute l'histoire des stations balnéaires, depuis les débuts de la baignade à la fin du 18e siècle, jusqu'aux villes flottantes du futur.

On y trouve de nombreux documents d'époque (peintures, photos, prospectus, maquettes...) sur les constructions, parfois gigantesques, parfois invraisemblables, qui ont façonné le littoral ces deux derniers siècles, et en particulier au 19e siècle (ce qui nous intéresse ici). (Désolé pour la piètre qualité de certaines photos, j'ai fait au mieux, mais ça vous incitera au moins à voir les vraies oeuvres exposées !)

1900_Cabine de bain Alphone XIII

Cabine de bains du roi Alphonse XIII, Saint Sébastien, Espagne, vers 1900. Aux tout débuts de la baignade, on se changeait dans des cabines ou roulottes qui s'avançaient jusque dans la mer.

Les stations balnéaires, inspirées du modèle anglais, partent souvent d'un même ensemble de bâtiments caractéristiques : la gare, pour amener les visiteurs (d'abord de riches bourgeois en quête de balnéothérapie, puis de plus en plus de personnes de classe moyenne quand les congés payés sont arrivés et que les transports sont devenus plus abordables), le grand hôtel, le casino et l'établissement de bains (ou la plage aménagée, avec ses cabines). Et les différentes stations ont dû rivaliser d'inventivité pour présenter à leurs voyageurs des établissements toujours plus grands et magnifiques !

1868_premier projet casino de Nice

Premier projet (non réalisé) du casino de la jetée, Nice. Architecte Eugenius Birch, 1868. Le projet finalement réalisé est celui présenté sur l'affiche en tête d'article. Tout un livre lui est d'ailleurs consacré, que vous pouvez retrouver dans la page de références.

1890_Jardin d'hiver casino de Nice

Jardin d'hiver du casino municipal de Nice, vers 1890.

1890_plage et kursaal d'ostende

Plage et kursaal (bâtiment de loisirs) d'Ostende, vers 1890-1900.

1898_Kursaal d'Ostende

Le kursaal d'Ostende, architecte Alban Chambon, 1898-1907 (dessin de 1903).

1898_Kursaal d'Ostende_tour est

Kursaal d'Ostende, la tour est, Alban Chambon,1904.

1898_Kursaal d'Ostende_tour est_detail

Kursaal d'Ostende, la tour est, détail.

1890_Jardin d'hiver de Blackpool

Jardin d'hiver de Blackpool, 1890.

1898_Blackpool

Tour de Blackpool, architectes James Maxwell et Charles Tuke, 1898-1910.

1890_Ascenseurs Monte-Carlo

Ascenseurs extérieurs entre la plage et le casino, Monte-Carlo (Monaco), ingénieur Gustave Eiffel, 1890-1892.

Pour couronner le tout, les pontons ("piers", en anglais) fleurissent le long des plages et des promenades, ouvrages plus ou moins complexes d'architecture métallique et de bois. Au bout de ces piers, un simple point de vue, mais parfois aussi des établissements de bains, des casinos, etc.

1870_Brighton West Pier

Brighton vue de l'extrémité du West Pier, James Webb et George Earl, vers 1870.

1902_Scheveningen

Vue à vol d'oiseau, Scheveningen (Pays-Bas), Andreas Carl Sommer, vers 1902.

1910_Ostie La Neuve

Plan régulateur, Ostie la Neuve (Italie), 1910.

1882_Projet de jetée promenade à Arcachon

Projet (non réalisé) de jetée-promenade à Arcachon. Architecte John Lawson, 1882.

1882_Projet de jetée promenade à Arcachon_detail

Projet de jetée-promenade à Arcachon, détail.

Autour de ce schéma typique se multiplient villas et manoirs. Parfois, ce sont de véritables folies reprenant des styles architecturaux d'inspiration orientale ou montagnarde (chalets), dont beaucoup ont disparu de nos jours, laissant place à des rangées de barres d'immeubles en béton (on voit notamment bien ce contraste entre vieilles villas et immeubles des années 60-70 sur des plages comme Les Sables d'Olonne, la Baule, ou les villes de la Côte d'Azur).

1911_Villa Marquisette_Royan

Villa Marquisette, Royan, architecte Paul Quatravaux, 1911-1913.

1911_Villa Marquisette_Royan_plans

Plans intérieurs de la Villa Marquisette, Royan, architecte Paul Quatravaux, 1911-1913.

Bien entendu, tout le reste de l'exposition, sur la partie du 20e siècle avec les réalisations Arts Déco puis des années 40-50, la démocratisation du béton sur les plages, l'élaboration des marinas et autres villages de vacances, est tout aussi captivante. Si vous n'y êtes pas déjà allé, je vous invite vivement à faire le voyage !

» Tous à la plage ! , Cité de l'architecture et du patrimoine, du 19 octobre 2016 au 12 février 2017.
» Les affiches humoristiques de l'expo (site lareclame.fr)

05 août 2016

Image du jour : jardin d'hiver de l'Hôtel de Gaston Menier

Raoul Saisset_Hotel de Gaston Menier_jardin d'hiver

Photo (C) Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Le jardin d'hiver de l'Hôtel de Gaston Menier, au 4 avenue Ruysdaël (8e arrt., proche du parc Monceau), photographié par Raoul Saisset (après 1892). Cet hôtel particulier a appartenu à Gaston Menier, de la dynastie des chocolatiers du même nom, qui a notamment fait aménager les communs à l'arrière, en 1885, par Henri Parent (j'ignore cependant si c'est ce dernier qui a établi ce jardin d'hiver ou s'il était déjà existant en 1878, à l'arrivée de Gaston Menier). Le bâtiment abrite aujourd'hui le Conseil national de l’ordre des pharmaciens (et j'aimerais bien savoir si ce jardin d'hiver existe encore !).

Sources :
» evous.fr
» Wikipedia
» banque d'images de la RMN

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07 février 2016

A l'origine des serres monumentales...

Le comparatif des serres, initialement commencé le 24 mai 2015 (lien ci-contre) MiseEnAvant_Serres a été augmenté d'un certain nombre de serres, dont quelques unes très anciennes, comme celle de Chiswick, à l'ouest de Londres (non loin de Kew et de Syon Park), datant de 1820 et déjà de taille très honorable. La restauration étant récente, il m'est pour le moment difficile de savoir ce qui est d'époque et ce qui a été plus ou moins profondément remanié. Une partie de la structure d'origine était en bois...

D'autres serres, notamment celles des États-Unis, viendront compléter ce comparatif très prochainement. N'hésitez pas à y faire un tour !

À la lecture du livre d'Yves-Marie Allain, De l'orangerie au palais de cristal, une histoire de serres (éditions Quae, 2010) et au fil de mes recherches sur le Net, je me suis souvent demandé qui a influencé qui, quelle serre était à l'origine des autres, etc. Il s'avère qu'il est finalement assez difficile de désigner un ancètre commun et d'établir une généalogie précise des liens entre les différentes serres. Tout est allé très vite, essentiellement entre 1820 et 1850.

Jusque dans les années 1820, les concepts d'"orangerie" et de "serre" restent très fusionnés. Au 17e et 18e siècles, on parle surtout d'orangeries, structures de protection hivernale à base de maçonnerie et munies de grandes baies vitrées tournées vers le sud. On y entropose les orangers et autres plantes en pot. Le chauffage se fait essentiellement au bois. On en trouve, en style classique, dans tous les grands châteaux de France (Meudon, 1658 ; Versailles, 1662 ; Fontainebleau, 1680 ; Sceaux, 1684 ; Chantilly, 1685 ; Cheverny, 1764). On construit également des "serres à feu", de petits espaces vitrés, tournés vers le midi également, avec un système de chauffage plus ou moins élaboré (chaudière et fermentation du tan et du fumier). Les pans vitrés pouvaient s'ouvrir et se retirer complètement en été. Ces édifices, généralement adossés à un mur en maçonnerie, n'excédaient pas 3 mètres de hauteur et 3 de largeur.

Mais dans les pays plus au nord ou plus continentaux, il est nécessaire de chauffer davantage l'hiver, et donc de prévoir des structures plus élaborées. L'architecture et  l'ornementation entrent au service de la conservation et de l'acclimatation des plantes exotiques, très à la mode à cette époque, si bien que ces bâtisses deviennent parallèlement des lieux de fête et de réception (voir notamment le Zwinger, l'orangerie royale à Dresde, bâtie entre 1709 et 1728). Les révolutions industrielles vont ainsi apporter de nombreuses ressources pour les jardiniers et conservateurs. D'une part, l'amélioration des techniques dans l'architecture en fer et en verre va permettre de construire de plus en plus léger, de plus en plus haut, de plus en plus grand. D'autre part, les systèmes de chauffage vont grandement se complexifier (systèmes de thermosiphon, chaudières, transport de la vapeur et de l'eau surchauffée). C'est l'amélioration conjointe de ces deux points qui va permettre l'édification de structures plus adéquates à la conservation des grands palmiers ainsi que des ananas, qui nécessitent un environnement très contraignant, avec un taux d'humidité et une température constants durant de nombreux mois.

Les premières voix s'élevant en faveur de la construction d'ouvrages monumentaux, comme le pépiniériste anglais George Loddiges, remontent à 1820 environ. A cette date, on ne dénombre quasiment aucun ouvrage monumental en fonte et en fer. En Angleterre, à la fin du 18e siècle, on a pris l’habitude d’étendre les grandes propriétés par des "conservatories" ou "greenhouses", des pièces vitrées dont l’architecture est en conformité avec le reste du manoir – voir notamment les majestueux jardins conçus par le paysagiste Humphry Repton et les réalisations de l'architecte Jeffry Wyatville . Elles ne sont pas vues comme faisant partie du jardin, mais de l’habitat, et se doivent d’être aménagées en conséquent, comme une sorte de salon contenant plantes, fontaines et statues. Et les Anglais, qui ont un train d'avance en matière de construction métallique (l'Iron Bridge date notamment de 1779), sont les premiers à parvenir à augmenter les surfaces vitrées, en réduisant le "petit-bois", la structure soutenant le verre, qui prenait jusqu'alors pas moins de 30 % de la surface de la toiture, ainsi que la maçonnerie. Plusieurs structures datant des années 1820 mettent en lumière ces efforts d'accroissement de volume et d'augmentation des surfaces vitrées :

– On peut d'abord citer la serre de Chiswick, près de Londres, qui a des dimensions particulièrement honorables (91 m de long !), mais il m'a été difficile de savoir ce qui est d'origine et ce qui ne l'est pas (elle a été restaurée récemment). Je compte aller la visiter lors de ma prochaine visite à Londres.

Chiswick  Chiswick

La serre de Chiswick House (Londres-Hounslow), 1820.

– Au Bicton Park, dans le Devon, la serre date elle aussi des années 1820. Sa toiture est composée de dizaines de milliers de petits carreaux de verre.

Bicton Park

Bicton Park

La Palm House de Bicton Park Botanical Gardens (années 1820), avec ses petits carreaux de verre.
(photos triadfellowship.wordpress.com )

– Le Great Conservatory de Alton Towers, édifié entre 1814 et 1827 en portion de cercle, contient en son centre un dôme de 18 mètres de haut !

Alton Towers

Alton Towers

Le Great Conservatory, à Alton Towers Gardens, 1814-1827.

– Le Nash Conservatory, d'abord édifié en 1825 à Buckingham Palace (John Nash) avant d'être déplacé à Kew en 1836, est encore une orangerie du fait de ses murs en maçonnerie, mais sa toiture lumineuse, soutenue par de fines colonnes en fonte, lui donne déjà une allure de serre en pleine mutation.

Kew_1825_Nash Conservatory_

Kew_1825_Nash Conservatory_2

Le Nash Conservatory à Kew, 1825. L'édifice sert aujourd'hui pour les cérémonies de mariage.

– En 1827 enfin, on retrouve le Conservatory de Syon Park, tout autant majestueux de l'extérieur que dégagé à l'intérieur. Son dôme, incroyablement transparent, donne l'impression d'une incroyable légèreté !

Syon Park

Syon Park

Le Conservatory de Syon Park, 1827. La légèreté du dôme, avec ses fines colonnes de fonte, dissimulées derrière les murs de pierre.

Ces cinq édifices (Chiswick, Bicton, Alton, Kew (Nash), Syon), tous encore debouts aujourd'hui, sont sans doute les plus anciens ouvrages construits avec peu ou pas de maçonnerie et principalement constitués d'une architecture métallique et de surfaces vitrées. Ce sont, à mon sens, ces cinq structures  qui ont influencé les futurs architectes et fondeurs et lancé la "mode" des grandes serres durant tous les 19e et 20e siècles.

La première réalisation de taille en France est une initiative de l’impératrice Joséphine, pour son parc du château de Bois-Préau (Malmaison). Passionnée par la botanique, elle fait agrandir et remodeler ce parc dans les années 1805, et fait construire notamment une serre chaude pour acclimater les plantes exotiques rapportées des expéditions lointaines. Cette serre, chauffée par de grands poêles à charbon, est adossée à un édifice en pierre, appelé aujourd’hui Château de la Petite Malmaison, qui sert de salon et de pavillon de réception.

La serre est construite entre 1804 et 1805, démarrée par l’architecte paysagiste Jean-Marie Morel et terminée par Jean-Thomas Thibault et Barthélemy Vignon. Elle est ensuite aménagée par Louis-Martin Berthault jusqu’à la mort de l’impératrice, en 1814. Le domaine, qui était passé de 60 hectares lors de son acquisition par l’impératrice à 726 hectares, est ensuite morcelé, et la serre, dont l’entretien était coûteux, est démolie en 1827. Les salons, redécorés en 1828, existent encore aujourd’hui.

La serre faisait environ 50 mètres de long sur 19 de large, et pouvait abriter des arbres de 5 mètres de haut. C’est la première structure monumentale de type verrière en France, avant que la double révolution des structures métalliques et des systèmes de chauffage ne vienne transformer profondément la manière de concevoir ces édifices. Si son rôle était essentiellement utilitaire et que son architecture ne se dégageait pas particulièrement des autres structures de l'époque, elle aura néanmoins marqué les esprits, en attirant nombre de paysagistes, jardiniers et botanistes.

Malmaison

Malmaison

Serres de Malmaison (L’Art de créer les jardin, Vergnaud, 1835, via Yves-Marie Allain, Une histoire des serres). Il faut noter que les peintures, contrairement aux photos, avaient tendance à magnifier l'architecture en réduisant la taille des personnages, afin de donner plus d'ampleur aux édifices. L'intérieur de la serre était vraisemblablement plus étroit et moins haut.

En 1818-1819, le botaniste suisse Augustin-Pyramus de Candolle , qui a parcouru l'Europe napoléonienne pour tenter d'en répertorier toutes les plantes, se voit confier la gestion du jardin botanique de Genève où il fait construire, avec son jardinier Louis Gay, des serres chaudes, disparues aujourd'hui (actuel Parc des Bastions, sous le Mur des réformateurs). Ces serres, proches de celles que l'on peut voir aujourd'hui au château d'Hauteville (Saint-Légier), ont aussi bien servi de lieu d'étude que d'espace de conservation.

Malmaison Malmaison

Serre de l'ancien jardin botanique de Genève (1818-1819), et serre similaire du château d'Hauteville (Saint-Légier), également du début du 19e siècle (via Augustin-Pyramus de Candolle, Une passion, un jardin, de Patrick Bungener, Pierre Mattille et Martin W. Callmander, éditions Favre).

Dans les années 1830 fleurissent à Paris diverses "folies". Jean-François Boursault réalise la sienne rue Blanche et y construit notamment une serre ornée. Des colonnades en pierre soutiennent un toit vitré.

Folie Boursault

Serre-passage de la folie Boursault (Traité de la composition et de l’ornementation des jardins, Boitard, 1839, via Yves-Marie Allain, Une histoire des serres).

Des deux côtés de la Manche, les idées fusent. On élabore des projets (Loddiges avec des serres de dimensions 36×7 m, en 1830 ; John Claudius Loudon dans ses nombreuses publications, comme Hortus Britannicus ; Gabriel Thouin, en France, dans son ouvrage Plans raisonnés de toutes les espèces de jardin, avec son projet de complexe de serres, dont une en arc de cercle, de plus de 176 m de long et 12 m de hauteur !), on voyage pour voir comment font les autres. Comme on l'a vu dans un précédent article sur les anciennes serres du Jardin des plantes, Charles Rohault de Fleury, architecte du Jardin des plantes de Paris, voyage en Angleterre entre 1830 et 1833 pour s'inspirer des ouvrages de l'île. Il faut noter qu'à cette époque, les grandes serres de Kew, de Glasgow, de Liverpool ou encore de Belfast n'existaient pas encore ! Rohault de Fleury visite essentiellement les ouvrages "utilitaires" de George Loddiges (de grandes serres de longueur totale de 300 m datant des années 1820), dont il traduit les ouvrages, et certaines des orangeries-serres citées plus haut, avant de s'atteler à la conception de ses serres au Jardin des plantes, avec un tout nouveau système de chauffage et une hauteur inégalée à cette époque (15 m). En devançant ainsi les futurs chefs-d'oeuvre monumentaux anglais, l'architecte français marquera de son empreinte la grande épopée des serres monumentales.

Jardin des plantes Paris

Jardin des plantes Paris

Les serres de Rohault de Fleury (1836), qui viennent remplacer les anciennes serres chaudes utilitaires datant de 1788 à 1821. Les deux pavillons carrés, qui utilisent un système de chauffage à vapeur, existent encore aujourd'hui et sont donc aujourd'hui les plus anciennes "serres monumentales modernes" au monde. Les serres courbes seront quant à elles remplacées dans les années 1950.

En Belgique, où Rohault de Fleury se rend dans les années 1840, on multiplie également les édifices. Les jardins royaux se dotent d'une grande orangerie en 1829 (actuellement appelé "Le Botanique", dans le centre de Bruxelles) et d'une petite serre circulaire, construite par Alphonse Balat en 1854, avant d'établir à Laeken l'enfilade monumentale que l'on connaît bien, durant la seconde moitié du 19e siècle. Les jardiniers belges se rendent eux aussi en Grande-Bretagne pour observer minutieusement les sites et les technologies utilisées.

La mode se répand vite dans le reste de l’Europe, notamment dans l’Empire austro-hongrois. En 1840, le château de Lednice (actuelle République tchèque) se voit transformé par P. H. Desvignes, architecte anglais qui emploie les nouvelles techniques de nervures métalliques curvilignes pour créer des serres aux formes arrondies (1845).

Jardin des plantes Paris

La longue serre (92 m) du château de Lednice (1845), construite par Peter Hubert Desvignes.

Mais c'est en Angleterre que les projets monumentaux les plus audacieux vont voir le jour. Sur l'île, grands propriétaires et jardiniers échangent avec architectes et paysagistes leurs besoins et leurs rêves. Au château de Chatsworth (Derbyshire), le duc de Devonshire, qui attend d'une expédition envoyée en Inde et en Afrique du Sud nombre de plantes exotiques, fait venir en 1836 deux jeunes talents : le jardinier-paysagiste Joseph Paxton (qui travaillait alors à Chiswick Gardens et connaissait déjà vraisemblablement Loddiges) et l'architecte Decimus Burton (le protégé de John Nash, l'architecte de Buckingham Palace, à qui l'on doit le Nash Conservatory cité plus haut). Ensemble, ils vont concevoir une serre aux dimensions colossales et aux technologies les plus avancées : la Great Stove. 70 mètres de long, 37,5 de large, 18,5 de hauteur, une structure en double arc de cercle : voilà la serre qui va préfigurer le gigantisme des futurs palais de verre d'Angleterre et du monde entier.

Chatsworth

Chatsworth

Le Great Stove, à Chatsworth (construite en 1837-1841, démolie en 1920), conçue par Joseph Paxton et Decimus Burton. Joseph Paxton décrira ainsi la verrière ondulée : "a sea of glass... settling and smoothing down after a storm" (via Atlas Obscura ). La serre sera visitée par la reine Victoria en 1843 et par Charles Darwin en 1845.

Ce projet d'exception va rapidement faire des émules. Le forgeron Richard Turner s'inspirera de cette gigantesque serre pour construire, en 1840, la Palm House de Belfast, puis en 1848 la Curvilinear Range au National Botanic Gardens de Glasnevin (Dublin, Irlande) ainsi que, en collaboration avec Decimus Burton, la célèbre Palm House des Jardins royaux de Kew (dont la structure générale rappelle fortement la Great Stove de Chatsworth) : longueur 108 m, largeur 30 m, hauteur 20 m (voir cet article-photos pour plus d'infos sur Kew).

Kew

La Palm House de Kew (1848), par Richard Turner et Decimus Burton.

De son côté, Joseph Paxton, fort de l'expérience acquise avec la Great Stove, s'attèlera à son chef-d'oeuvre, le célèbre Crystal Palace, pour l'Exposition universelle de 1851. Il y utilisera des techniques modernes d'assemblage rapide de pièces préfabriquées, permettant de faire monter l'édifice par des ouvriers non spécialisés et dans un temps record. Ce n'est plus tout à fait une serre, ça va servir à exposer les techniques et savoir-faire du monde entier : la course aux folles Expositions universelles et à leurs titanesques palais éphémères est lancée.

Crystal Palace

Le Crystal Palace en 1851. Le bâtiment a été construit par des manoeuvres (sans travail) grâce à un code couleur ne nécessitant aucune connaissance en architecture. Les arbres de Hyde Park ne pouvant être ni déplacés ni arrachés, la structure a été "posée" dessus, sa hauteur étant calculée pour englober le plus haut des arbres (33 mètres).

Il est étonnant – et décevant – de penser qu'il ne reste quasiment rien des oeuvres de Joseph Paxton : la Great Stove a été détruite en 1920, et le Crystal Palace a brûlé en 1936... Il faudra aller à Genève, au château de Pregny, détenu par la famille Rothschild, et visiter le complexe de serres géré par le Conservatoire et Jardin botaniques de la ville de Genève et ouvert seulement quelques jours par an, je crois, pour découvrir un rare vestige de Paxton. Pour le moment, je ne sais pas précisément ce qui de tout ce complexe est l'oeuvre de l'architecte et ce qui est plus récent...

Pour finir, voici une infographie très succincte retraçant, à mon sens, les principales oeuvres à l'origine de la création des grandes serres et leurs influences respectives, avec d'un côté les réalisations anglaises et de l'autre les idées françaises qui leur répondent. Je ne doute pas que d'autres grands noms en Europe et dans le reste du monde ont oeuvré à la même époque (à Bruxelles, serre d'Alphonse Balat en 1858 notamment), mais ceci sera peut-être l'objet d'une mise à jour ultérieure...

serres_influences

À l'origine des serres monumentales...

(Edit du 25/02/2017 : Nouvelle infographie et rajout de la serre Nash à Kew. Edit du 01/05/2018 : texte remodelé, ajout de la serre de Joséphine, de la folie Boursault, de la serre de Lednice, des travaux d'Augustin-Pyramus de Candolle et nouvelle infographie)

17 janvier 2016

Les anciennes serres du jardin des plantes (Charles Rohault de Fleury, Jules André)

Au jardin des plantes, il y a des serres depuis la fin du 18e siècle. Il ne reste rien des toutes premières serres, qui ressemblaient davantage à des orangeries aux grandes baies vitrées qu'à de vraies serres en métal et en verre.

C'est Charles Rohault de Fleury, alors architecte du muséum, qui fit construire entre 1834 et 1836 le premier véritable complexe de serres métalliques pour le jardin des plantes. L'ensemble était constitué de deux grandes serres jumelles rectangulaires, qui sont encore là aujourd'hui, ainsi que de longues serres secondaires à deux courbes superposées (aujourd'hui disparues, remplacées entre 1995 et 2000 par de nouvelles serres dessinées par Paul Chemetov). Rohault de Fleury s'inspire des ouvrages qu'il a pu visiter en Angleterre, et notamment celles alors existantes à Kew. Il est à noter qu'à cette époque, les grandes serres de Richard Turner n'étaient pas encore construites ! Notamment, la grande Palm House date de 1848 et a été construite d'après les études menées par Joseph Paxton, le père du Crystal Palace, pour sa Great Stove de Chatsworth, elle-même construite en 1837. Bref, à cette époque, les serres construires uniquement en métal et verre étaient extrêmement rares, et les plus grandes de l'époque étaient davantage des orangeries en mutation, comme la serre de Syon Park (1827) ou le Great Conservatory de Bicton (1827 également, voir à ce propos le post sur la comparaison des dimensions des principales serres dans le monde). Ces pavillons, qui font 20 mètres de long, 12 de large et 15 de haut, étaient donc les plus grandes à l'époque et sont aujourd'hui, parmi les serres monumentales, les plus anciennes serres du monde encore debout.

anciennes serres du jardin des plantes

Les serres de Charles Rohault de Fleury, en 1836

 

anciennes serres du jardin des plantes

Les serres aujourd'hui

Rohault de Fleury avait d'autres projets en tête à la suite de cette première prouesse, mais n'eut pas l'occasion de les mettre en exécution. C'est Jules André, l'architecte de la grande galerie de zoologie, qui complètera l'ensemble entre 1881 et 1889, d'après des plans initiaux de Rohault. Il fait construire une longue aile attenante à l'un des pavillons jumaux, appelée Jardin d'hiver. Cette serre sera ensuite remplacée en 1934-1936 par la nouvelle serre de style Art Déco de René-Félix Berger, encore debout aujourd'hui et récemment rénovée.

anciennes serres du jardin des plantes

Vue des différentes serres dans les années 1920 : les serres de Charles Rohault de Fleury, au fond (1834-1836, encore existantes), le jardin d'hiver de Jules André sur la droite, et diverses serres construites au 19e siècle à son flanc. Photo de 1926. (Désolé pour cette "photo de photo" de piètre qualité, prise de l'ouvrage Les grandes serres du jardin des plantes, cf. références en fin de post.)

 

anciennes serres du jardin des plantes

L'entrée du jardin d'hiver de Jules André (au niveau de l'actuelle entrée de la grande serre Art Déco de René-Félix Berger), érigé entre 1881 et 1889, et détruit en 1934. Photo prise vers 1920. (idem, photo prise de l'ouvrage Les grandes serres du jardin des plantes, cf. références en fin de post.)

 

anciennes serres du jardin des plantes

Projet de Jules André pour la construction de la galerie de zoologie (future Grande galerie de l'évolution) à la place de l'ancien Cabinet du roi, qui prévoit, en plus de l'établissement de cette vaste cour rectangulaire couverte, une petite galerie pour la relier à la galerie de minéralogie (déjà existante à l'époque), et l'agrandissement des serres. Les serres marquées d'un C sont celles existantes, à savoir celles de Charles Rohault de Fleury. Il était prévu d'ajouter un pavillon circulaire entre les deux serres de 1836 (non réalisé), et une grande aile au sud, celle que l'on voit sur les photos précédentes, érigée entre 1881 et 1889 et remplacée par la serre Art Déco de René-Félix Berger en 1936. (Ce plan provient de la petite exposition sur l'histoire de la galerie de zoologie, qui se trouve dans la Grande galerie de l'évolution.)

À la Grande galerie de l'évolution, il y avait une exposition (du 7 octobre 2015 au 18 janvier 2016) sur Robert Doisneau , qui avait photographié dans les années 42-43 les chercheurs du muséum dans leur environnement de travail. Parmi les 128 photographies pour la plupart inédites présentées dans cette expo, il y en avait quelques-unes sur les serres, dont celle Art Déco de Berger :

serres du jardin des plantes vues par Robert Doisneau

serres du jardin des plantes vues par Robert Doisneau

serres du jardin des plantes vues par Robert Doisneau

(Les photos de Robert Dosineau sont bien entendu de bien meilleure qualité, et sans reflets ;) )

Nous aurons l'occasion de revenir très prochainement sur la Grande galerie de l'évolution ! D'autres photos des serres actuelles sont également à venir prochainement.

Sources :
» Livre De l'orangerie au palais de crystal, une histoire des serres, Yves-Marie Allain, éditions Quae, 2010
» Livre Les Serres, Le génie architectural au service de la plante, collectif, éditions Actes Sud, 2013
» Livre Les grandes serres du jardin des plantes , collectif, éditions Le Pommier/MNHN, 2010
» Site jardindesplantes.net, page des grandes serres

24 mai 2015

Serres : Panorama et comparaison des dimensions au sol

Voici un petit comparatif des principales serres du monde du 19e siècle et du début du 20e siècle, classées par pays. Le but n'est pas ici uniquement de savoir laquelle est la plus grosse, mais de pouvoir se faire une idée de la taille d'un bâtiment par rapport à un autre. Je suis parti de mes impressions quand j'ai visité les serres royales de Laeken, à Bruxelles, puis celles de Kew, à Londres. Ces bâtiments énormes sont fascinants, et je dois dire qu'on manque en France d'équivalents. Pour le premier, c'est toute une ville de serres dans laquelle on peut déambuler. On peut marcher plus d'une heure sans avoir à ressortir du complexe. Dans le second, c'est avant tout le caractère majestueux (surtout la Palm House) des édifices placés au beau milieu d'un parc énorme, qui fait surtout de l'effet.

Ne sont représentées ici que les serres "anciennes" (des serres modernes, comme le Eden Project de Cornwall, seront peut-être ajoutées par la suite, pour comparaison). Il n'était pas toujours évident de récupérer les informations suffisantes de tous les bâtiments (longueur, largeur, hauteur) ; les schémas sont établis à partir de vues satellites. La liste est loin d'être exhaustive ; je complèterai ce listing au fil de mes découvertes et de vos éventuels retours. Il s'avère que certains sites, comme les serres de Bonn, de Francfort ou encore de Moscou, que je n'ai jamais visités, sont restés pour le moment nébuleux : quels sont les bâtiments anciens, quels sont ceux plus récents ? Ils ne sont donc actuellement pas présents dans ce comparatif. Pour les sites représentés ici, des ajustements seront sans aucun doute à prévoir. Il est possible que j'aie intégré certains éléments plus récents qui ne devraient pas faire partie de ce comparatif (certains sont volontairement intégrés mais les dates de construction ou reconstruction sont précisées). Le risque est d'autant plus grand pour un site vaste et complexe comme celui de Saint-Pétersbourg. Il y a aussi le cas des édifices qui ont été grandement remaniés au fil du temps : rénovations, consolidations, reconstructions complètes (en général du bois vers le métal), déplacements... La majeure partie des serres du 19e siècle ont subi maints remaniements. Peut-on encore dire pour certaines que ce sont les bâtiments d'origine ? Vérifier que les plans d'origine ont bien été respectés au fil des rénovations n'est pas du tout une chose évidente avec les maigres informations que j'ai récupérées sur le Net...

Sont également présentes, quand les informations à leur sujet les permettent, des serres qui ont disparu aujourd'hui. C'est notamment le cas des serres de Strasbourg ou du Jardin d'acclimatation.

Serres_carte du monde
Carte en cours de mise à jour
(Cliquer sur la carte pour la voir en plus grand)

Voici la liste des serres actuellement présentes dans ce comparatif, classées par ville par ordre alphabétique (en gris les serres disparues) :

  • Adelaide (Australie) : Palm House (<1875?), au Botanic Garden
  • Alton (Royaume-Uni) : Great Conservatory (1827), au Alton Towers Gardens (intégrés au parc d'attractions Alton Towers Resort)
  • Amsterdam (Pays-Bas) : Serre des palmiers (1912), au Hortus Botanicus
  • Baltimore (États-Unis) : Druid Hill Park, Conservatory (1888)
  • Bangalore (Inde) : serre des jardins botaniques de Lal Bagh (1898)
  • Bangalore (Inde) : serre du Bangalore Palace (1878?)
  • Barcelone (Espagne) : Hibernaculum (1884) et Umbraculum (1883, qui n'est pas vraiment une serre car sans surfaces vitrées), au Parque Ciutatella
  • Barnsley (Royaume-Uni) : Victorian Conservatory du château de Wentworth (1886)
  • Belfast (Royaume-Uni) : Palm house Conservatory (1840), au Belfast Botanical Gardens
  • Berlin (Allemagne) : Grossem Tropenhaus (1907), au Botanisher Garten
  • Berlin (Allemagne) : ancienne Grossem Tropenhaus (1858-?), dans l'ancien Botanisher Garten (Schöneberg)
  • Berlin (Allemagne) : serre de Pfaueninsel (1831-1880)
  • Berlin-Postdam (Allemagne) : orangerie du parc Klein-Glienick (1837, une orangerie aux parois curvilignes, presque comme une serre)
  • Bicton (Royaume-Uni) : Palm house (1820s), au Bicton Park Botanical Gardens
  • Birmingham (Royaume-Uni) : Mediterranean (1884), tropical 1851) et subtropical houses (1871), au Birmingham Botanical Gardens
  • Bordeaux (France) : anciennes serres du Jardin botanique (1855-1931)
  • Boulogne-Billancourt (France) : Serre du jardin Albert-Kahn (1895)
  • Buffalo (États-Unis) : Buffalo and Erie County Botanical Gardens, Conservatory (1900)
  • Bruxelles (Belgique) : L'orangerie (1829), au Botanique (qui n'est plus une serre)
  • Bruxelles (Belgique) : Serres royales de Laeken (1873), au Château de Laeken (à voir aussi ici)
  • Budapest (Hongrie) : Grande serre (1866?), au Jardin des plantes
  • Canandaigua (États-Unis) : Sonnenberg Gardens and Mansion State Historic Park, Conservatory (1903/1915)
  • Cassel (Allemagne) : Grosses Gewachshaus (1822 puis 1888), au Bergpark Wilhelmshöhe
  • Castle Ashby (Royaume-Uni) : Orangery (1872), au Castle Ashby House
  • Chatsworth (Royaume-Uni) : Great Stove (1837-1920) et Conservative Wall (1848)
  • Chicago (États-Unis) : Garfield Park, Conservatory (1907)
  • Chicago (États-Unis) : Lincoln Park, Conservatory (1892)
  • Colombus (États-Unis) : Franklin Park Conservatory and Gardens, Conservatory (1895)
  • Copenhague (Danemark) : Palmehuset (1874), au Botanisk Have
  • Darjeeling (Inde) : serre du Lloyd's Botanical Garden (1878?)
  • Detroit (États-Unis) : Belle Isle / Anna Scripps Whitcomb, Horticultural Building (1904)
  • Dublin (Irlande) : Curvilinear Range (1848) et Palm house (1862), du National Botanic Gardens
  • Dresde (Allemagne) : serre du château de Pillnitz (1859)
  • Edimbourg (Royaume-Uni) : Temperate palm house (1858), au Royal Botanic Gardens
  • Erfurt (Allemagne) : Palmenhaus (1888-1934) (reconstruite en 1988 pour servir de galerie d'art et de salle de réception)
  • Florence (Italie) : Tepidarum (1880), au Giardino dell'Orticultura
  • Genève (Suisse) : Jardin d'hiver (1911) et serre tempérée (1987), au Conservatoire et Jardin botaniques de la ville de Genève
  • Genève (Suisse) : serre ancienne (1858) et serres plus récentes, au château de Pregny (Rothschild/Conservatoire et Jardin botaniques de la ville de Genève)
  • Glasgow (Royaume-Uni) : Kibble Palace (1873) et Main Range Glasshouses (1878), au Botanic Gardens (à voir aussi ici)
  • Helsinki (Finlande) : Serre des palmiers (1889), au Jardin botanique de l'université d'Helsinki (Kaisaniemi)
  • Lednice (République Tchèque) : Serre curviligne (1845), au Domaine de Lednice
  • Liège (Belgique) : Serres (1841), au Jardin botanique (dont une partie a disparu)
  • Liverpool (Royaume-Uni) : Palm house (1896), au Sefton Park
  • Liverpool (Royaume-Uni) : Conservatory (1870-1940), au Wavertree Botanic Gardens
  • Londres (Royaume-Uni) – Hounslow : Conservatory (1820), au Chiswick House
  • Londres (Royaume-Uni) – Hounslow : Syon Park Conservatory (1827), au Syon Park
  • Londres (Royaume-Uni) – Richmond upon Thames : Temperate house (1859), Palm house (1848) et Waterlily house (1852), au Royal Botanic Gardens de Kew (à voir aussi ici)
  • Londres (Royaume-Uni) – Forest Hill : Conservatory (1894), au Hornimam Museum
  • Longwood (États-Unis) : Longwood Gardens, serres (1921)
  • Lyon (France) : Grande serre (1865), petites serres (1899), serre hollandaise (1859), serre victoria (1888) et serre de Madagascar (1899), au Parc de la Tête d'Or
  • Madrid (Espagne) : Palacio de Cristal (1887), au Parc du Retiro (qui n'est plus une serre)
  • Meise (Belgique) : Palais des plantes (1958) et serre Balat (1854), au Jardin botanique Meise
  • Metz (France) : serres du jardin botanique du parc de Frescatelly (1861)
  • Nantes (France) : Palmarium (1899) et serre de l'île au palmiers
  • New York – Bronx (États-Unis) : Enid A. Haupt Conservatory (1902), au New York Botanical Garden
  • New York – Brooklyn (États-Unis) : Palm House (1910), au Botanic Garden (qui n'est plus une serre)
  • Paris (France) : Jardin d'hiver (1860-1969) et Palmarium (1893-1934) du Jardin d'acclimatation
  • Paris (France) : Grandes serres (1836) et serre des forêts tropicales humides (1930), au Jardin des plantes (Muséum national d'histoire naturelle)
  • Paris (France) : Palmarium (1898), au Jardin des serres d'Auteuil
  • Paris (France) : serre du jardin botanique de la Faculté de pharmacie de Paris (1884)
  • Pittsburg (États-Unis) : Phipps Conservatory and Botanical Gardens, Conservatory (1893)
  • Rennes (France) : serres du Parc du Thabor (1862-1944)
  • Saint Paul (États-Unis) : Como Park Zoo and Conservatory, Marjorie McNeely Conservatory (1915)
  • Saint-Pétersbourg (Russie) : serres (1824) au Jardin botanique de l'Institut de Komarov
  • San Francisco (États-Unis) : Golden Gate Park, Conservatory of Flowers (1878)
  • Seattle (États-Unis) : Volonteer Park, Conservatory (1893)
  • Stockholm (Suède) : Serre Victoria (1900), au Bergius Botanic Garden
  • Strasbourg (France) : Grande serre (1884-1958), et serre victoria de Bary (1884), au Jardin botanique de l'université de Strasbourg
  • Stuttgart (Allemagne) : Maurisches Landhaus (1846), au Jardin botanique et zoologique Wilhelma
  • Talence (France) : serres du Jardin botanique universitaire de Talence (1886)
  • Toronto (Canada) : Conservatory (1910), au Allan Gardens
  • Vienne (Autriche) : Palmenhaus (1882), au Château de Schönbrunn (à voir aussi ici et ici)
  • Vienne (Autriche) : Palmenhaus (1901), au Burggarten, Hofburg Palace (aujourd'hui un café)
  • Washington (États-Unis) : Conservatory (1933), au United States Botanic Garden, et ancienne Greenhouse (1867-?)
  • Westmount (Montréal, Canada) : Greenhouse au Parc Westmount (1927)
  • Winston-Salem (États-Unis) : Reynolda Gardens of Wake Forest University, greenhouse (1913)

Edit du 15/06/2017 : au fil des mises à jours, le listing est devenu très long et très lourd à charger. Sur cet article n'est plus représenté qu'un aperçu du comparatif. Pour consulter la page contenant l'intégralité de l'étude, cliquez sur cette icône :

serres_comparaison_trailer

Aperçu du comparatif des serres (cliquer pour voir en grand)

 

Je vous conseille également ce superbe ouvrage, avec de grandes photos et plein d'infos, même si les serres qui y sont présentées ne sont pas toutes anciennes :

Les Serres, Actes Sud

Ainsi que celui-ci, qui reprend toute la genèse des serres, avec pleins de documents d'époque, plans, gravures... (oui oui, c'est bien le Crystal Palace en couverture !) :

Une histoire des serres