25 février 2017

La galerie des machines de 1889

Fiche galerie des machines

1889_galerie des machines16

Depuis que ce site existe, le mot-clé le plus utilisé pour s'y rendre est "galerie des machines", or je n'ai jusqu'à présent jamais fait d'article exclusivement consacré à ce bâtiment emblématique des Expositions universelles de Paris (jusqu'à présent uniquement quelques photos et peintures montrant essentiellement l'ampleur du bâtiment). Voilà de quoi y remédier.

Des galeries des machines, il en a existé un certain nombre avant 1889. Il y en avait déjà une à l'Expo de 1855, la première française. C'était une galerie assez étroite, mais faisant 1,2 km de long, placée sur les bords de la Seine, derrière le Palais de l'industrie. On en parle dans cet article sur l'Expo de 1855, et on la revoit dans la comparaison des palais des Expos.

Le nom "galerie des machines" a été utilisé par la suite pour nommer tout palais ou édifice qui rassemblait les différentes inventions dans les domaines industriel et technique (moteurs, machines à vapeur, etc.). En 1878, ce sont deux vastes bâtiments qui jouxtent le gigantesque Palais du champ de Mars. Mais l'édifice construit pour l'Exposition universelle de 1889 restera dans les mémoires pour ses prouesses architecturales et ses dimensions hors du commun, s'accaparant définitivement cette dénomination.

1889, c'est bien sûr la Tour Eiffel, mais c'est aussi le Palais des Beaux-Arts et celui des Arts libéraux, construits par Jean Camille Formigé (l'architecte des Serres d'Auteuil), et le Palais des industries diverses, par Joseph Bouvard, avec son dôme central aux lumineuses ossatures métalliques peintes en bleu, qu'on a déjà vu dans cet article. Un passage, la galerie de 30 mètres, le relie à un autre dôme, vu dans cet article, qui lui-même flanque un vaste édifice installé sur toute la largeur du Champ-de-Mars, juste en face de l'Ecole militaire : la Galerie des machines.

1889_Etat actuel (oct 1888) des travaux_in L’Exposition de Paris-Librairie Illustrée

Vue générale de l'Exposition universelle de 1889. On distingue de gauche à droite le Palais du Trocadéro à gauche (1878), la Tour Eiffel centrale, les deux palais de Formigé de chaque côté du Champ-de-Mars, puis le Dôme central, diverses galeries latérales, et enfin l'imposante Galerie des machines
(in L'exposition de Paris, Librairie illustrée)

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Plan de l'Exposition universelle de 1889. La Galerie des machines est ici tout à gauche. La majorité du Champ-de-Mars est recouvert des palais et pavillons de l'exposition
(Document Gallica.bnf.fr)

La galerie des machines est un exploit architectural aux proportions inégalées à l'époque. Il s'agit d'un immense hall sans appui intérieur, constitué de 20 fermes triangulées en acier, articulées aux pieds et au faîtage, une technique habituellement utilisée pour les grands ponts. Du fait de ces pivots à leurs pieds, les arches sont plus fines à la base qu'à leur sommet, ce qui donne toute l'originalité à l'édifice et à son architecture. Certains trouvèrent à l'époque l'ensemble peu élégant et donnant une étrange impression de fragilité et d'instabilité. D'autres saluèrent la légèreté de l'édifice et l'immensité de son espace intérieur. Vide, la galerie des machines semble léviter au-dessus du sol, tant ses pieds sont discrets.

1889_Galerie des machines vide

L'espace intérieur, vide, de la Galerie des machines. La hauteur de la voûte comparée aux minuscules formes humaines au centre renforce l'aspect gigantesque de l'édifice
(photo Chevojon, 1889)

1889_Galerie des machines_construction plan

Plan de la Galerie des machines et détail de l'installation des pieds articulés des fermes

1889_Galerie des machines_construction plan 2

Installation des demi-fermes (on distingue sur ces plans l'articulation du faîtage reliant chaque moitié des fermes)

1889_Galerie des machines_elevation

Détail et dimensions des fermes

1889_entree-galerie-des-machines

Plan en élévation de la façade

Ainsi, avec une portée record de 115 m, pour une hauteur de 48,3 m (45 sous clef), l'édifice possédait les plus grandes voûtes au monde. Jusqu'alors, le record était détenu par la Gare Saint-Pancras de Londres, datant de 1868 et avec des fermes ayant une portée de 73 m pour une hauteur de 25 m. Les dimensions totales de l'édifice étaient de 115 × 420 m, soit une superficie de 8 hectares. Les surfaces vitrées quant à elles s'étendaient sur 34 700 m² (pour comparaison, le Grand Palais en a 14 900 m²). Son poids total était de près de 7 800 tonnes (la Tour Eiffel, elle, ne pesant "que" 7 300 t, le Grand Palais ayant quant à lui plus de 9000 t d'acier). Son coût final s'est élevé à près de 7,5 millions de francs (un peu moins que la Tour Eiffel, qui a coûté près de 8 millions).

1889_Galerie des machines_D’après photo M

Façade de la Galerie (gravure d'après la photo de H.-C. Godefroy)

Si la Galerie a été conçue par l'architecte Ferdinand Dutert , c'est l'ingénieur Victor Contamin qui était responsable de la conception technique de la galerie, notamment des calculs assurant l'intégrité structurelle des immenses arches. Les critiques ont longtemps salué l'aspect ingénierie – et le travail de Contamin – de l'édifice, même si ultérieurement, on a reconnu à Dutert l'exploit d'avoir pu combiner habilement esthétisme et ingénierie.

1889_Le_montage_des_fermes_de_la_Galerie_des_machines

Le montage des fermes de la Galerie des machines en 1888
(gravure L. Hugel, in Charles-Lucien Huard, Livre d'or de l'Exposition. L. Boulanger, 1889)

L'Histoire a tendance à ne retenir de l'Expo de 1889 que la Tour Eiffel, mais la Galerie des machines aura su émerveiller les millions de visiteurs qui ont arpenté les allées sous sa haute voûte. Diverses attractions étaient d'ailleurs prévues pour admirer tant les inventions des exposants que la structure générale de l'édifice.

1889_Galerie des machines_interieur

Un belvédère avec ascenseur, pour admirer d'en haut la galerie dans toute sa longueur

1889_Galerie_des_machines

Un des ponts roulants qui permettaient de passer d'un côté à l'autre de l'édifice, au niveau des balcons intérieurs (le "promenoir des machines") qui flanquaient les côtés longs de l'édifice à 8 m de hauteur
(in Charles-Lucien Huard, Livre d'or de l'Exposition. L. Boulanger, 1889)

La Galerie des machines, après avoir servi pour l'Exposition universelle de 1900 – une immense salle de spectacle y fut installée au centre, pouvant accueillir 15000 personnes –, fut réutilisée par la suite comme vélodrome, avant que sa démolition ne soit finalement actée, en 1909-1910.

1900_salle des fêtes02

La salle des fêtes, au centre de la Galerie des machines, lors de l'Exposition universelle de 1900. Dans les deux côtés restants de la galerie fut installée, étonnament, la section Agriculture et aliments. Divers petits pavillons à l'architecture hétéroclite et rurale, illustrant la diversité des régions françaises, se dressaient sous l'immense voûte...

1910_Destruction galerie des machines

La destruction de la Galerie en 1910...

Plus d'infos (voir la page Références) :
» Paris et ses expositions universelles, collectif, Éditions du Patrimoine (catalogue de l'expo à la Conciergerie 2008-2009).
» Sur les traces des expositions universelles, Sylvain Ageorges, éditions Parigramme, 2006.
» Page Wikipedia française et anglaise


29 septembre 2016

Fun fact : Palais Omnibus VS Apple Campus 2

Petite comparaison amusante. Je me renseignais dernièrement sur l'avancée des travaux des nouveaux locaux d'Apple, le Apple Campus 2, et je suis tombé sur cette petite comparaison :

Comparaison Pentagone Apple Campus 2

(Source : kqed.org)

Cela m'a rappelé ma propre comparaison entre le Pentagone et les palais de quelques expositions universelles. Et celui qui se rapproche le plus par sa forme de l'Apple Campus 2, c'est bien le Palais Omnibus, construit sur le Champ de Mars en 1867.

comparaison taille Omnibus VS Apple Campus 2

Bref, le Palais Omnibus n'a pas à rougir de ses dimensions ! Légèrement plus allongé, plus haut (même s'il n'avait qu'un seul étage, contre 4 pour le Apple Campus 2), et une superficie au sol plus importante (à noter que dans le premier schéma réalisé par QKED, le chiffre de 2 820 000 sqft (262 000 m²) représente en fait la superficie totale des 4 étages visibles (les deux étages de "basement floor", c'est-à-dire les sous-sols, ont une superficie de 2 500 000 sqft, ce qui donne un total de 5 320 000 m², à comparer aux 6 636 360 du Pentagone). La superficie au sol (rayon extérieur de 760 feet – rayon intérieur de 580 feet) est en réalité autour de 70 500 m² (168 000 m² si on compte tout le centre dégagé), les plans fournis par cupertino.org (lien ci-dessous) donnent les valeurs exactes des différentes superficies).

Plus d'infos sur ce site d'exception qu'est l'Apple Campus 2 (avec photos du projet, vidéos d'avancement, etc.) :
» kqed.org (A Visit to Apple’s Secret New Headquarters)
» Macworld (Complete guide to Apple Campus 2)
» Page wiki du Apple Campus 2
» Plans complets fournis par Cupertino.org

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27 juin 2016

[Royaume-Uni] Le Crystal Palace, le Schweppes et la fontaine de soda

110px-Schweppes_logo_1783_by_LFP

Je viens de découvrir que le logo de Schweppes – marque existant pourtant depuis 1783 – symbolisait une fontaine de soda mise en place pour l'Exposition universelle de 1851. Haute de 8 mètres, elle trônait au centre du célèbre Crystal Palace de Londres et fournissait de l'eau de Schweppe (l'ancien nom de la marque) aux visiteurs. Plus d'un million de bouteilles ont notamment été vendues lors de l'Exposition.

Great_Exhibition_fountain_1851

On la voit en fait sur bien des photos et gravure de l'époque, mais je n'avais jamais fait le rapprochement ! Notamment ici, déplacée au centre d'un bassin lors d'une exposition ultérieure :

Crystal Palace_expo

Sources :
» page wiki de Schweppes
» la page de The Illustrated London News, d'où est tirée la photo (www.old-print.com)
» Plus d'infos et de photos sur cette page : Malvernwaters.co.uk

01 novembre 2015

Livre : Paris 1900, La fabuleuse histoire de l'Exposition universelle

Prisma_Paris1900Après La Fabuleuse histoire de la tour Eiffel (2014), les éditions Prisma et l'auteur Pascal Varejka nous proposent un nouvel opus de même facture sur l'ensemble de l'Exposition universelle de 1900: Paris 1900, La Fabuleuse histoire de l'exposition universelle .

Richement décoré avec de nombreuses photographies en noir et blanc et des documents en couleur (affiches, cartes postales, etc.), l'ouvrage revient sur tous les aspects de l'expo, de sa mise en place (destruction du Palais de l'industrie, etc.) à son bilan, battant tous les records de fréquentation, en passant par les profondes modifications qu'a subies la capitale pour porter cette expo : apport de l'électricité, construction du métro et d'une nouvelle gare des Invalides, réaménagement complet des quais de Seine, de la Concorde au Champ de Mars...

Avec son rendu mat, qui apporte une plus-value aux documents d'époque (même s'il a tendance à ternir un peu et flouter les photos – on déplorera quelques agrandissements hasardeux), et sa couverture particulière, cet ouvrage est vraiment appréciable et constitue un parfait résumé de cette Expo démesurée, qui a marqué la fin d'un siècle et l'entrée dans le nouveau...

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28 février 2015

Image du jour : Statue de Vercingétorix au Salon de 1865

Vercingétorix au Palais de l'Industrie

"Vercingétorix", photographie du Salon de 1865
par Charles-François Bossu, dit Charles Marville
Statue en pied par Aimé Millet (cuivre)
Socle dessiné par Eugène Viollet-le-Duc

Photographie prise dans le Palais de l'Industrie, construit pour l'exposition universelle de 1851 et remplacé par les Petit et Grand Palais pour l'exposition universelle de 1900. Cette photo est présentée à l'exposition Viollet-le-Duc , à la Cité de l'architecture et du patrimoine (20 nov. 2014 – 9 mars 2015).

» Plus d'infos sur l'expo : cet article .
» Plus d'infos sur le Palais de l'industrie : ces articles .
» Une autre photo de la statue lors du salon : base de données ARCHIM (Archives nationales)
» Plus d'infos sur la statue (qui se trouve sur le site d'Alésia) : Page du MuséoParc d'Alésia


19 octobre 2014

Tour Eiffel : visite du premier étage rénové

Voici quelques photos lors de mon passage au premier étage de la Tour Eiffel, nouvellement rénové. Pour rappel, la Tour Eiffel subissait un énième projet de rénovation pour redynamiser notamment son premier étage déserté par les visiteurs. Au menu : plancher de verre, nouveaux pavillons, nouvelles expos pour attirer les touristes.

Nous avions abordé dans ce précédent post le projet en lui-même, avec le dossier de presse du projet et quelques photos comparatives du premier étage au fil de ses évolutions, notamment en 1937 et en 1981. On avait déjà parlé des problèmes de refontes continuelles des pavillons de la Tour Eiffel dans ce post, qui peinent à trouver une identité pérenne et ne dénaturant pas la structure générale de la tour. Notamment, la refonte pour l'Exposition universelle de 1937 avait abouti à la destruction complète de la galerie extérieure pour la rapprocher du style monumentaliste de cette époque (Palais de Chaillot, couverture de la verrière du Grand Palais, etc.), ainsi que des pavillons de 1889. Si la galerie est restée plus ou moins intacte jusqu'à aujourd'hui, les pavillons se sont vus entièrement refaits une fois de plus en 1981. Et à nouveau en 2014.

On a pu apprécier une dernière fois l'ancienne version du premier étage dans ce post, puis découvrir quelques photos de l'avancement du projet dans ce post. Voici à présent ce qu'on peut découvrir en visitant le premier étage de la Tour Eiffel (cliquer sur les photos pour les voir en plus grand).

Le premier étage vu d'en dessous, avec son plancher de verre

Les pavillons du restaurant 58 et Ferrié vus d'en dessous

La terrasse sud (donnant sur l'Ecole militaire)

Le plancher de verre et la surface incurvée du pavillon Eiffel

Les pavillons 58 et Eiffel, et la façade incurvée du pavillon Ferrié

Vue de l'ensemble de l'étage depuis la terrasse sud

A l'intérieur du pavillon Ferrié (salle de conférence), et un pavillon d'accès au second étage par ascenseur

Vue à travers le plancher de verre, et façade du restaurant 58

Une longue vue, et vue de la coursive sud

Depuis l'intérieur du restaurant 58

Au menu de mes déceptions :

- Dans les bâtiments de 1981, il y avait des vitrines contenant tout un tas d'objets des Expositions universelles de 1889 et 1900 (objets souvenirs essentiellement), vitrines qui ont visiblement complètement disparu ! Où sont passées les pièces ? Les touristes d'aujourd'hui n'en avaient-ils à ce point rien à faire pour qu'on les supprime ? Au profit de quoi ? Une buvette supplémentaire ?

- La boutique : l'ancienne boutique proposait pas mal de produits pour les amoureux de la Tour (sans forcément être un touriste étranger), comme des posters de photos anciennes et d'autres produits qualitatifs. Visiblement, une bonne partie de cette offre a disparu au profit de tout un tas de goodies colorés et kitchs...

- La balustrade intérieure a disparu : pour construire le plancher de verre et sa paroi de verre, il a été nécessaire de démonter cette vieille balustrade qui, au regard des photos d'époque, datait visiblement de 1889... Une partie de plus de la structure originelle qui s'en va... Bon, d'un autre côté, je comprends qu'il faille faire des sacrifices si on veut innover et que cette balustrade n'était pas non plus la pièce la plus importante de la tour, mais c'était néanmoins une petite partie de son âme...

Ce qui m'a plu :

- je trouve les nouveaux pavillons globalement insipides et sans rapport avec l'âme de la tour : couleur, matériaux, ornementations... De plus, leur allure plutôt massive et penchée vers l'intérieur a tendance à écraser le centre de la tour, bien qu'allégé avec le plancher de verre. Enfin, leurs façades se voient trop fortement d'en bas (grandes baies vitrées qui reflètent la lumière, voir la seconde photo). Ceci dit, ces parois vitrées aux courbes élancées renvoient astucieusement les poutres métalliques de la tour, dans un bel effet de miroir déformé, qui a tendance à sublimer la ligne de la tour plutôt que de la dénaturer. Pas si mauvais.

- Bon, ok, le plancher de verre fait quand même son petit effet ;) Et vu d'en bas, il apporte une certaine légèreté à l'ensemble !

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14 mars 2013

Image du jour : Dôme central, de Louis Béroud (1889)

Visible au Musée Carnavalet, cette oeuvre de Louis Béroud (1852-1930) représente l'intérieur du Dôme central, construit pour l'Exposition universelle de 1889. Celui-ci était situé sur le Champ de Mars (photo aérienne visible ici), face à la Tour Eiffel, et donnant sur la Galerie des machines. Si les surfaces intérieures étaient richement ornées de moulages en stuc et de peintures, la structure globale de l'édifice était en métal et en verre. En arrière-plan, on distingue bien la façade vitrée donnant sur le Champ de Mars, et au fond, un des pieds de la Tour Eiffel.

1889_Dome central_Louis Beroud_02

Louis Béroud a également peint une vue de la Galerie des machines (Site de Drouot ) :

1889_Louis Beroud_Galerie des machines

» Plus d'infos sur Louis Béroud : page Wikipedia .

04 décembre 2012

Image du jour : Exposition universelle de 1889, promenoir des machines

Vue aérienne de l'exposition universelle de 1889

Voici une vue du "Promenoir des machines" de l'exposition universelle de 1889. Je me suis un temps demandé de quel dôme il s'agissait, car à la vue de la photo aérienne suivante, il n'y en avait que trois en 1889, dont le dôme central. Les deux autres se trouvaient au centre du Palais des Beaux arts et du Palais des Arts libéraux, et ce n'était sûrement aucun de ces deux dômes :

Vue aérienne de l'exposition universelle de 1889

Ceci dit, selon le site d'où provient la photo, il s'agissait en fait d'un plus petit petit dôme situé au bout de la galerie des 30 mètres, entre le Palais des expositions diverses et la grande Galerie des machines, au fond sur la photo aérienne, soit au bout de la galerie qui prolonge le Dôme central (le grand dôme au centre de la photo). Le grand escalier menait au second étage de la galerie des machines, une large galerie qui ceinturait toute la galerie, comme on peut le voir sur cette photo.

On remarquera sur cette photo du promenoir la présence du vaste ensemble de chevaux marins de Bartholdi, fontaine dite du "char triomphal de la Garonne" qui se trouve désormais sur la place des Terreaux à Lyon . Projet initié en 1857 et initialement prévu pour se trouver sur la place des Quiconces à Bordeaux, il ne fut réalisé qu'en 1889, soit après la Statue de la Liberté, puis acheté par la ville de Lyon pour siéger sur la place des Terreaux, face à l'Hôtel de ville. La fontaine sera ensuite déplacée en 1992 pour se retrouver face au Palais des Beaux arts, puis classée monument historique en 1995. Ce groupe était à l'origine une allégorie de la Garonne, de la Dordogne, et des quatre principaux affluents de la Garonne, avant de célébrer la Saône...

Sources :
» Brown University Library
» une page très intéressante sur le site de la Brown University Library sur l'ensemble des expos universelles de Paris, avec de nombreux documents en ultra haute définition !
» Article Wikipedia sur la fontaine Bartholdi

13 octobre 2012

Du Trocadéro... au phare Amédée

Dernièrement, je suis allé voir l'exposition sur les phares au Musée de la marine, au Palais de Chaillot. C'était l'occasion pour moi de repasser voir les collections permanentes que je n'avais pas vues depuis des années, et de saluer brièvement l'ancien palais du Trocadéro (voir les précédents posts à ce sujet) :

Voûte du palais du TrocadéroColonne du Trocadéro

La verrière du côté du Musée de la marine, et côté Cité de l'architecture, les colonnes du pavillon d'entrée, que je n'avais jamais montrées et qui datent bien du premier édifice mais qui ont été dissimulées lors de la profonde modification de 1937. Ces colonnes restent cachées côté Musée de la marine. Les deux pavillons de chaque côté de la place flanquaient autrefois l'énorme salle de spectacle centrale, aujourd'hui disparue. On pouvait passer d'un côté à l'autre du Trocadéro en empruntant ces sortes de passages à colonnes.

C'était aussi l'occasion de voir certaines curiosités fort steampunkiennes au milieu de toutes ces merveilleuses maquettes de bateau, sous-marins, dirigeables... (N'oubliez pas de cliquer sur les photos pour voir des plus grandes versions.)

ScaphandreScaphandre

ScaphandreHélice de bateau

Un des premiers scaphandres, datant de la fin du XIXe siècle (qui n'a jamais servi, et on comprend un peu pourquoi !), et le détail d'une maquette d'un navire du XIXe siècle, avec sa coque renforcée de métal.

L'exposition des phares elle-même, si elle manque à mon sens de nombreuses photos actuelles, grand format, de phares du monde entier, est très intéressante et comprend un grand nombre de pièces que l'on n'a pas souvent l'occasion de voir, comme d'énormes lentilles, des maquettes, des documents d'époque... Elle retrace l'histoire de la construction des phares, l'avancée des techniques, la vie des hommes y travaillant, etc. En particulier, une carte interactive indiquant la position des phares en France à une date précise, avec leur portée, est tout à fait bluffante : en allumant progressivement les phares qui se construisent principalement entre le XIXe et le XXe siècles, on découvre petit à petit tout le littoral de la France qui s'éclaire progressivement. Au début, il est difficile de bien distinguer les côtes, alors que la carte d'aujourd'hui permet de retracer très précisément tout le contour, comme si ce n'était qu'une simple ligne de lumière, et non des petits points éparpillés le long des côtes.

Au cours de la visite, il est possible de découvrir de nombreux rapprochements avec les avancées des techniques montrées lors des expositions universelles. Notamment, il est mentionné la construction et le rayonnement, sur la place du Trocadéro, en 1848, du Dépôt des phares de Paris, dans lequel ont été effectuées une grande majorité des recherches sur les phares, comme la mise au point des lentilles de Fresnel . Le bâtiment était surmonté d'un vrai phare, en plein Paris... Ce bâtiment a été détruit dans l'indifférence générale... en 1992 ! Donc hier...

Dépot des phares de ParisDépot des phares de Paris

Ces photos proviennent du site Etats des lieux , où je vous invite à faire un tour pour y découvrir d'autres photos de ce monument et d'autres phares

C'est aussi à l'exposition universelle de Londres de 1862 que fut présenté le projet du phare Amédée, construit intégralement en métal et destiné à la Nouvelle Calédonie. Son frère jumeau a d'ailleurs été assemblé sur les lieux de l'exposition universelle de 1867 à Paris, avant d'être installé dans les Côtes d'Armor en 1868 puis détruit en 1944...

Exposition universelle de 1864

L'exposition universelle de 1867 avec le phare, à gauche
© LL / Roger-Viollet. www.parisenimages.fr

Phare AmédéePhare Amédée
La construction du phare à l'expo universelle de 1867, et la maquette présentée à l'occasion de l'expo de Londres de 1862, et présente actuellement à l'exposition des phares au Trocadéro

Conçu par Léonce Reynaud et construit par François Rigolet, ce phare de 52 mètres de haut est une véritable prouesse en 1865 (date de son assemblage sur le site définitif), soit plus de 20 ans avant la Tour Eiffel... On doit à François Rigolet, dont les ateliers étaient situés du côté des buttes Chaumont, le jardin d'hiver des Champs Élysées (1847) et les bains de mer de Dieppe. On aura sans doute l'occasion de revenir sur le premier, qui est un précurseur des constructions monumentales françaises des expositions universelles.

Ce phare est aujourd'hui un des seuls au monde de cette taille à être construit en métal (il y a aussi le phare néerlandais Lange Jaap). Certes l'emploi du fer n'est pas la meilleure idée pour la construction des phares, pour des raisons évidentes de corrosion, mais il était assez fréquent de construire à cette époque des phares en fer dans les colonies, où les matériaux traditionnels sont parfois trop coûteux à mettre en oeuvre.

Phare Amédée

Le phare Amédée, aujourd'hui, sur l'ilôt Amédée (photo Wikimedia)

Phare Amédée

(photo Eustaquio Santimano - CC BY 2.0)

Phare Amédée

(photo Eustaquio Santimano - CC BY 2.0)

livre Le Phare Amédée

Pour ceux qui sont intéressés par l'exposition sur les phares, dépêchez-vous, c'est jusqu'au 4 novembre 2012 :
Site du Musée de la marine

Et pour ceux qui veulent en savoir plus sur le phare Amédée, je vous conseille ce livre, Le phare Amédée , de Vincent Guigueno et Valérie Vattier, aux éditions Points de vue. Richement illustré, bourré de photos, de cartes et de documents d'époque, et comprenant pleins d'infos sur ce phare en particulier, mais aussi l'histoire des phares en général, l'expo de 1867, et le Dépôt des phares, c'est une véritable référence.

19 septembre 2012

[États-Unis] Image du jour : la première grande roue (Chicago)

Toujours sur l'Exposition universelle de Chicago (1893), le blog La boîte verte, qui diffuse bien des photos d'époque intéressantes, vient de proposer un article sur la première grande roue, construite pour cette expo et destinée à concurrencer la Tour Eiffel, montrée au public 4 ans plus tôt...

Conçue par George Washington Gale Ferris, elle mesurait 80 mètres de haut et pouvait transporter 2160 personnes en même temps avec ses 36 nacelles.

» Pour plus de détails et de photos, rendez-vous à La boîte verte !